Articles avec le tag ‘vuvuzela’

Hiver austral

South Africa World Cup 2010Un premier lundi d’hiver austral tropical, c’est un lundi solitaire, une matinée froide qui ne donne guère envie de sortir de sa chambre d’hôtel.

Alors que le Mozambique supporte ardemment son grand voisin africain mais aussi le Portugal, son ancien colonisateur, l’équipe de France après sa lamentable prestation d’hier est la risée de toute la région et on nous le fait bien sentir, d’autant plus que demain l’Afrique du Sud sera opposée à ces Bleus indignes et ridicules.

Il vaut donc mieux rester terré dans sa chambre et se boucher les oreilles pour ne pas entendre les vuvuzela glorifiant la victoire des lusitaniens.

40. Indépendance Nationale

Maputo - Vive l'Indépendance Nationale

Maputo – Vive l’Indépendance Nationale

Je ne sais pas si c’est par défi, inconscience, aveuglement, irrespect ou mépris que la production portugaise a décidé de tourner le jour du 35ème Anniversaire de l’Indépendance Nationale de son ancienne colonie, le Mozambique.

Cette nuit fut celle qui précède la tempête car nous avons été prévenus qu’il y aura de la musique et des festivités jusqu’à l’aube de la suivante.

Officiellement, le son est convoqué ce matin à dix heures. La veille Angela nous a spécifié que les premiers plans seront muets car tournés sur la plage avec un quad, si bien qu’elle nous a gentiment accordé grasse matinée jusqu’à midi.

A neuf heures du matin, je suis appelé en urgence par Yardena car la voiture, toujours stationnée Rua da Radio alors que les camions sont déjà partis, doit quitter les lieux. Elle me conseille de la garer sur le parking du Rovuma et elle me laisse là à me débrouiller tout seul avec les milliers de flics qui bouclent le quartier.

41. A luta continua

La République des enfants - Hommage à Flora

La République des enfants – Hommage à Flora

Au lendemain de cette nuit de liesse populaire, les visages de l’équipe logeant au Rovuma semblent bien défaits. Il y a ceux qui n’ont pas dormi du tout, Flora particulièrement, ceux que le bruit ne dérange pas mais qui ont mal dormi, ceux qui ont sommeiller dans leur salle de bain comme Patrick et moi-même, et enfin il y a les bienheureux accros au Stillnox.

Lorsque nous quittons l’hôtel à sept heures ce matin, la place de l’Indépendance est déserte, jonchée de détritus. La sono s’est enfin tue, les tribunes font grises mines avec leurs tubulures rouillées. Tout cela paraît triste comme une gueule de bois.

Avant dernier jour de tournage, nous sommes de retour au centre ville, sur Praça dos Trabalhadores (place de Travailleurs) face à la gare centrale. Plus exactement avons-nous rendez-vous sur celle-ci car le tournage doit avoir lieu un peu plus loin dans une rue parallèle à Bagamoyo, Rua Consiglieri Pedroso.

Ultima vezes

Maputo - Panorama

Maputo - Panorama

« Encore une dernière », que ne l’a-t-on entendu sur le plateau, à refaire incessamment les prises !

C’est donc notre ultime journée à Maputo, Mozambique. Il est fort probable que je n’y revienne jamais.

Le temps est magnifique, un soleil brillant et lumineux, quelques nuages pour une lumière contrastée, une chaleur agréable.

Je pars faire un dernier tour dans le quartier autour du marché central dont je commence par parcourir les allées aux senteurs contrastées, fortes et prenantes, qui évoquent la chaleur de l’Afrique.

Lorsque nous tournions le carnaval dans Rua Bagamoyo, Bob m’avait indiqué, assez précisément mais neuf jours après ses indications me sont devenues vagues, une échoppe où je pourrai trouver de belles casquettes aux couleurs du Mozambique ou de l’Afrique du Sud.

Adieu Mozambique

La République des enfants - Sur la piste

La République des enfants – Sur la piste

Il fait nuit noire. La Lune nous a abandonnés. Il faut suivre le minibus caméra, il faut suivre notre poisson-pilote. Il ne faut surtout pas le lâcher, nous nous perdrions dans les townships.

D’abord regarder à droite, ensuite à gauche, à droite, à gauche. Quand on tourne à droite, il faut aller au fond du carrefour. A droite, au fond, à gauche, tout de suite. Ça tourne, moteur, action.

Nous suivons. La ville est déserte, abandonnée, Samora Machel dévastée est jonchée de débris, sur la place de l’Indépendance, quelques voitures fument encore,  partout des fruits écrasés ont bariolé la grisaille du macadam.

Le vent balaye une poussière rouge que la faible lumière des lampadaires n’arrive pas à percer.

A gauche dans Jardim Tunduru, des huttes de paille brûlent les derniers grains de millet de la saison, la fumée tourbillonne dans la tempête qui rugit et apporte de loin le chant des enfants dans une classe d’école.