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3. Un américain à Maputo

Maputo – Avenida Friedrich Engels

Maputo – Avenida Friedrich Engels

Départ ce matin du Centre Culturel à 6h45, nous gagnons une petite heure de sommeil, car le second décor de la journée ne sera libre qu’après 15h00. C’est mon premier grand trajet dans le nouveau « Van Som », et même si j’ai récupéré mon passeport, je n’ai pas de permis m’autorisant (théoriquement) à conduire dans ce pays. Je ne sais pas pourquoi ce fichu papier rose que j’ai eu tant de mal à avoir en France (et à garder) n’est pas valable au Mozambique. Je me cache derrière le minibus, Bob, en excellent chauffeur, roule à la bonne vitesse, attend aux feux, indique suffisamment à l’avance les directions avec ses clignotants. Voilà un véritable poisson-pilote.

La contrepartie de cette assurance, ce sont les énormes fumées noires et odeurs de diésel que l’on se prend jusque dans l’habitacle, même fenêtres fermées,  à chaque accélération du minibus caméra !

15. Les enfants soldats

Mozambique - Aldeia Impaputo

Mozambique – Aldeia Impaputo

Guidé par notre poisson-pilote Bob, nous quittons le CCFM à 6h00 pour une longue route, il est prévu 1h30 de trajet sur la feuille de service. Nous traversons toute la ville vers l’Ouest, empruntons l’EN2, passons un péage et bientôt nous nous retrouvons en pleine campagne.

Nous traversons prudemment Boane, une petite ville envahie par des centaines d’élèves, tous en uniforme bleu sombre à chemise blanche, qui rejoignent à pieds le lycée, puis nous bifurquons sur l’EN5, une route bordée par quelques carrières blanches,  dans une contrée vallonnée au paysage arboré verdoyant. La route est en parfait état, le macadam granuleux, la signalisation à peine usée.

Nous arrivons finalement au village d’Impaputo en moins d’une heure.

Nous sommes sur le route qui mène à la frontière avec le Swaziland et  l’Afrique du Sud, respectivement à 7 et 20 km à vol d’oiseau, 45 km par la route à l’Ouest de Maputo.

16. Retour à Impaputo

La République des enfants - En route

La République des enfants - En route

Nous voilà de retour dans le village de Impaputo pour finir les premières séquences du film.

Nous avons pris la route plus tard que Bob, mais le chemin est assez simple, EN2, Boane, EN5, c’est bien indiqué. Au départ du CCFM, nous faisons les même détours que Bob pour éviter les éventuels policiers pas gentils avec les automobilistes.

A six heures du matin, il fait encore nuit mais avant d’arriver sur Boane, la campagne environnante se découvre d’une légère brume qui monte du sol. Les couleurs sont magnifiques, les verts profonds de mille nuances du paysage vallonné se heurtent aux rouges de la terre et caressent les bleus orangés du ciel nouveau.

Nous revenons sur le dernier décor de la journée d’hier, pour un plan d’effets spéciaux, les parents de Fatima reçoivent les balles en pleine poitrine et s’effondrent.

33. Chiango bloody Chiango

La République des enfants - Savane et USM 69

La République des enfants - Savane et USM 69

C’est ainsi que la feuille de service qualifie ce retour à Chiango.

Mais pour ma part, après huit jours de route EN1 et d’asile de fous, reprendre la piste de Chiango pour retourner sur le décor de la savane est un véritable plaisir.

Descendre Samora Machel, tourner à gauche sur 25 de Setembro, parcourir tout Marginal sur Costa do Sol, continuer tout droit pour prendre la piste, passer le village des pêcheurs puis le second hameau, nous voilà arrivés après la zone de tourbière et le petit canal.

A l’entrée du village des pêcheurs, un goulot d’étranglement ne laisse place qu’à un seul véhicule, le camion électro est bloqué là au milieu du chemin, enlisé profondément dans le sable.

Les bas-côtés sont totalement creusés, meubles, mais c’est la seule alternative possible. Un 4 x 4 y passe avant nous sans difficulté.

Je suis moins téméraire. Je fais marche arrière pour laisser la place aux véhicules qui arriveraient et nous réfléchissons à la meilleure façon de franchir cet obstacle avec notre Toyota Noah qui n’est pas tout terrain. Il faut prendre un maximum d’élan, foncer aussi vite que possible bien droit pour ne pas risquer de planter le train avant. Pierre descend pour écarter la foule déjà nombreuse à cette heure pourtant matinale.