30. Un dimanche de folie

La République des enfants -  Chapelle Infulene

La République des enfants - Chapelle

Nous sommes dimanche, ça roule un peu mieux qu’en semaine.

Comme nous n’avons pas besoin de beaucoup de temps de préparation avant le PAT (prêt à tourner, heure officielle du début du tournage), nous sommes partis une demi heure plus tard.

Nous tournons à l’extérieur, à quelques pas de la route EN1, devant la chapelle de l’hôpital. Ce dimanche tout le quartier est donc là à chanter les louanges du Seigneur. Il avait été dit à la régie que cela devait se terminer vers huit heures, ils sont matinaux ici les offices, de fait cela finira vers dix heures.

Après la mise à sac de la pharmacie, Mon de Ferro est sur la terrasse d’un bâtiment d’où il s’amuse à jeter les boîtes de médicaments qu’il a pillées dans les armoires de celle-ci. Arrivent alors au pied de celui-ci Chico et Nuta. Cette dernière s’inquiète pour Toni et est dépitée d’assister au gâchis de tous ces médicaments si utiles à la République des Enfants.

Camera en bas, plan en contre-plongée vers Mon de Ferro avec Chico et Nuta en amorce, caméra en haut plan en plongée sur Chico et Nuta. Entre temps plans serrés sur les quelques répliques de Chico et Nuta. Puis enfin un plan large vu du haut des enfants accourus entre temps pour ramasser et sauver le maximum des précieux médicaments.

Bien-sûr, même le dimanche, la circulation sur l’EN1 est quasiment ininterrompue, et les quelques poids-lourds qui passent sont rédhibitoires pour le son. Nous équipons tout le monde d’un micro-HF mais même ainsi, le fond sonore est trop chargé pour être gardé. Une fois de plus, il n’y avait surement pas d’autres endroits à Maputo pour filmer cette séquence d’extérieur dans un lieu qui eût permis de faire du son direct acceptable.

A la reprise, il reste encore un rapide dernier plan de Mon de Ferro dévalant un escalier qui mène au toit, puis la mise en scène part à la recherche d’un endroit où pouvoir tourner un raccord de la séquence de la première journée de tournage demandé par la monteuse Dominique. Pour rappel, Chico et Gosse distribuent des tracts dans la rue lorsqu’ils voient passer la charrette des cinq enfants soldats. Dominique a demandé un gros plan du texte des deux sur fond d’arbre.

Nous avions indiqué à Angela un endroit possible pour que le fond sonore de circulation ne soit pas trop audible, derrière les bâtiments de l’hôpital. Pourquoi nous demander notre avis puisque nous finirons par tourner ce plan avec dialogue en visibilité directe de la route. HF raccords sur Maurice et la petite Georgina pour servir de son témoin, ils se débrouilleront pour la post-synchro. Cela devient systématique, difficile discussion entre João et Ana sur les positions et les regards, décidément l’image fait son film toute seule, aurait-elle suffisamment d’expérience pour se passer des conseils toujours avisés d’une excellente scripte ?

La seconde séquence prévue à la feuille de service est supprimée, dommage, il s’agissait d’un bref intermède de rêverie entre Toni et Mon de Ferro qui donnait un peu d’humanité et de bonté au caractère de ce dernier.

Dans la précipitation de vite se débarrasser de son HF, la jeune Georgina fait tomber dans l’herbe la petite bonnette métallique qui protège du vent la capsule de son micro cravate, j’ai beau passer un bon quart d’heure à quatre pattes, elle sera définitivement perdue.

Voilà que s’achève ainsi une journée entière de son témoin, c’est l’apothéose lamentable d’une semaine de tournage pénible et inintéressante en matière sonore, dans une ambiance de plateau fortement regrettable où le travail d’équipe a fait place à un système clanique, mais heureusement Patrick a tenu promesse, en fin de journée il offre à boire à l’équipe pour honorer le schnappsklappe de la veille. C’est le premier pot général sur le plateau, la production n’ayant pas organisé, comme il est de coutume, de pot de bienvenue ou de début de tournage.

Bonne nouvelle, sur le nouveau plan de travail reçu hier soir,  une journée de tournage à l’hôpital a été supprimée, par contre nous allons retourner par deux fois sur la piste de Chiango, sur la plage et dans la savane.

Donc plus que deux jours. Après la journée de repos.

Ana, Dominique, Pierre et moi passons la soirée dans un restaurant sur Costa do Sol, le Sagres. La salle centrale joliment décorée est très agréable, les tables espacées permettent une conversation discrète. La patronne portugaise cuisine entre autres une excellente bacalhau assado com batatas dont je me régale.

 
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