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1. Premier jour

Lever 4h45. Petit déj. 5h15, départ hôtel 5h40 !

La nuit a été un peu agitée, habituel à la veille d’un premier jour, même après plus de 100 films tournés.

L’hôtel a gentiment accepter d’ouvrir la salle de restaurant dès 5h00 du matin, pendant toute la période du tournage, avec un cuisinier, un chef de salle et un serveur. Cela nous permet de pouvoir profiter d’un véritable repas complet, un point capital vue l’amplitude de travail proche de 12h00, et un repas  à la cantine pas avant 12-13h00.

Nous quittons l’hôtel à 5h40 pour être à 5h45 dans le camion caméra stationné en toute sécurité dans le parking privé du Centre Culturel. Bob est bien sûr à son poste, le moteur tourne.

7. Trop de place

Maputo - Mangrove de Costa do Sol

Maputo – Mangrove de Costa do Sol

Ah ! aujourd’hui nous allons à la plage ! Malheureusement pas pour se prélasser sur le sable blond, ni se baigner dans les eaux chaudes de l’Océan Indien. La feuille de service nous a prévenus : N’oubliez pas la crème solaire et le chapeau. Il va faire chaud et le soleil tape déjà sacrément quand nous décollons de l’hôtel.

L’horaire de la journée est conditionné par celui de la marée, annoncée basse à 13h14, ce sera une journée continue de 9h00 à 17h00 et repas à 16h30, un horaire plutôt inhabituel.

Espérons que le buffet continu qu’on nous promet sur le plateau sera conséquent.

Il est donc 8h45 quand nous quittons le Centre Culturel en collant le cul du minibus caméra. La régie, confiante, nous avait laissé un itinéraire totalement en portugais, que nous ne parlons toujours pas, et voulait faire partir Bob une demi-heure avant nous, ce qui nous aurait laissés  à la merci de n’importe quel flic en mal de touriste. Sans parler du fait que nous n’avions pas d’idée précise du lieu de tournage et du trajet. La prudence nous fit donc partir plus tôt que prévue.

Il est hors de question que nous lâchions d’une semelle notre poisson-pilote.

11. Le coup de la panne

Maputo - Hôpital Central

Maputo - Hôpital Central

Rendez-vous ce matin à l’Hôpital Central de Maputo, en plein centre ville. Il suffit de rejoindre 24 de Julho, continuer pour aller vers l’Est sur Avenida Eduardo Mondlane, une très large avenue à 2×2 voies et double contre-allées, faire le tour par Salvador Allende et franchir la monumentale entrée sur Agostinho Neto. Un petit quart d’heure et nous sommes vers 7h00 au pied de bâtiments certes un peu vieillis, mais dignes de n’importe quel hôpital français.

Le matériel est assez rapidement sorti de la voiture, nous devons monter au troisième étage, l’étage du bloc opératoire. Heureusement il y a deux ascenseurs.

La machinerie et l’électricité ont déjà monté leurs affaires, la caméra est en cours dans l’un d’eux. Nous prenons celui de gauche. Les deux roulantes, les deux perches sur leur pied, le stéréo, le kit-cool, les sièges, voilà tout rentre dans la cabine, nous compris, nous n’avons rien oublié, il n’est pas question d’avoir à redescendre dans la précipitation.

13. Dernier jour

La République des enfants - A l'aube

La République des enfants - A l'aube

Comme mardi dernier, nous voilà de retour en direction de Costa do Sol. Bob est parti un quart d’heure plus tôt, si bien que nous prenons la route seuls, le trajet est connu, Samora Machel, 25 de Setembro, Marginal le long de la côte.

Au début de celle-ci, il y deux endroits délicats pour qui n’est pas habitué à rouler à gauche, deux embranchements en fourchette, avec 4 directions imbriquées possibles, deux en sens inverses, deux dans le bon sens. Se tromper implique, dans le meilleur des cas de remonter vers le centre ville, dans les autres cas de se retrouver face à face avec d’autres véhicules. Heureusement, Pierre, veille et m’indique la bonne file.

Notez que les indications de sens de circulation sont faux sur Google Map, avec leur hégémonie western-centrique, ils ont oublié que le Mozambique roulait à gauche.

Pas d’itinéraire sur la feuille de service, Yardena nous a simplement indiqué que le décor est plus loin que la plage de la semaine dernière, il faut continuer la piste, une personne de la régie sera à l’entrée du premier village que nous allons croiser pour nous indiquer le chemin.

25. Infulene

Maputo - Infulene

Maputo - Infulene

Il est prévu que nous allions tourner neuf jours dans le décor de l’hôpital à Infulene. Sans itinéraire, nous n’avons aucune indication d’où se trouve cet endroit.

Après  les quelques minutes nécessaires à attendre que le minibus caméra soit au complet, nous partons vers six heures du matin et suivons donc notre poisson pilote Bob au plus près.

En passant devant le décor de la menuiserie, nous pensons un instant que nous allons dans l’hôpital qui lui fait face. En fait nous nous engageons sur la terrible Avenida de Moçambique que prolonge la route EN1 que nous avions empruntée pour aller à la plage de Macaneta. La feuille de transport prévoit 45 minutes, ça ne doit donc pas être la porte à côté.

La route commence par une petite portion à quatre voies séparées, ça file assez vite. Nous croisons un premier rond-point très encombré d’où partent de nombreux minibus, le trafic est chargé à cette heure-ci, la foule envahit l’espace jusque sur la chaussée. La route s’est rétrécie, le sens inverse, vers Maputo, est quasiment saturé, tous les cent mètres un minibus débouche du bas-côté pour s’immiscer dans la circulation.

Nous longeons l’aéroport sur son côté Ouest, à notre gauche des kilomètres de township défilent où une population dense s’active. Un peu plus loin, nous passons un carrefour totalement congestionné de minibus, de camions immenses et de voitures qui forcent le passage.  Avant le rond-point suivant, des travaux ralentissent encore un peu plus le flot. Enfin, subitement, la route devient parfaitement lisse et dégagée, nous pouvons filer et, bientôt, nous voilà devant l’hôpital Infulene dont l’entrée se situe juste après une passerelle pour piétons.

Une dizaine de kilomètres qu’il nous aura fallu 1/2 heure pour parcourir. Penser qu’il va falloir faire encore 17 fois ce trajet nous démoralise déjà !

40. Indépendance Nationale

Maputo - Vive l'Indépendance Nationale

Maputo – Vive l’Indépendance Nationale

Je ne sais pas si c’est par défi, inconscience, aveuglement, irrespect ou mépris que la production portugaise a décidé de tourner le jour du 35ème Anniversaire de l’Indépendance Nationale de son ancienne colonie, le Mozambique.

Cette nuit fut celle qui précède la tempête car nous avons été prévenus qu’il y aura de la musique et des festivités jusqu’à l’aube de la suivante.

Officiellement, le son est convoqué ce matin à dix heures. La veille Angela nous a spécifié que les premiers plans seront muets car tournés sur la plage avec un quad, si bien qu’elle nous a gentiment accordé grasse matinée jusqu’à midi.

A neuf heures du matin, je suis appelé en urgence par Yardena car la voiture, toujours stationnée Rua da Radio alors que les camions sont déjà partis, doit quitter les lieux. Elle me conseille de la garer sur le parking du Rovuma et elle me laisse là à me débrouiller tout seul avec les milliers de flics qui bouclent le quartier.

42. That’s a wrap

La République des enfants - Flora, Pierre, João, Abigail

La République des enfants - Flora, Pierre, João, Abigail

Dernier jour de tournage.

Après une bonne nuit de repos, enfin, nous nous retrouvons tous un peu après six heures du matin devant la caserne des pompiers de Maputo, sur Avenida Eduardo Mondlane, face au cimetière. Ce parking servira de base de départ pour les plans que nous avons à tourner sur la benne d’un camion de chantier.

Car dans la République des Enfants, il n’y a pas de voiture mais il y a deux camions ! Le rouge que nous avions vu lors du carnaval et qui servait de tribune, et ce bleu-là muni d’un haut parleur qui sert de véhicule d’alerte.

Ce second camion est une antiquité comparé à l’autre, la benne est en partie rouillée, il y a encore du sable dans les recoins, la carrosserie brinqueballe de tous côtés, le moteur est en piteux état avec une boîte de vitesses défectueuse qui ne dépasse pas la seconde.

Cela a son importance car nous avons à filmer sur cette benne un courte scène de texte.